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Dans l'abri du sans abri

 

Dans l'abri du sans abri crédit photographie : Elisabeth Larivière

Où sommes-nous à l’abri ? Sommes-nous jamais réellement sauvegardés des intempéries qui nous valdinguent le long de la vie… Est-ce alors réellement la peine de chercher si vainement de quoi se planquer la tête pour de bon sous un toit infaillible ?

Ne rêvons pas. En lieu d’ajouter un étage à notre tour des illusions, voyons plus léger. Voyons comment notre pied peut aimer autant fouler l’herbe humide de rosée que cogner le macadam craqué d’un vieux trottoir… Voyons comment dessiner des architectures d’air, des architectures qui peuvent recueillir notre désir profond de rentrer à la maison et nous rassurer dans la prise en vue que cette maison n’est pas ailleurs qu’en notre être.

Une maison qui soit en nous, en ce nous qui ne nous appartient pas. Une maison que l’on ne peut construire, mais dont on peut retrouver le chemin. Une maison, une demeure qui est la nôtre, mais qui ne se pose sur aucun sol que les yeux puissent voir, de sous leur nez jusqu’à l’horizon. Dès lors, si elle n’est réellement nulle part, cette maison, ni en nous, ni hors de nous, ne pourrait-elle être partout ? Cette terre, ce monde tout entier ne sont-ils pas notre demeure d’Homme comme nous sommes la leur ?

L’artiste plasticienne Catherine Charlot s’amuse et joue de ce renversement radical dans des toiles qui nous le rappelle : nous pouvons être partout chez nous, si tant est que nous respections l’harmonie qui nous équilibre. Elle joue de contrastes colorés et gestuels, de rappels tendres à une gaminerie coquine et de rigueur tenue de la ligne conduite. Elle peint des architectures de vent et de mouvement, nous marquant au fer de son rouge cramoisi ou nous berçant dans un bleu nostalgique... Elle peint tant le vent qui caresse que le vent qui gifle, tant le mouvement qui nous élève que celui qui nous fiche à terre.

Elle nous montre que nous ne sommes réellement à l’abri que les pieds plantés dans la terre et la tête à découvert sous le ciel.

Et que tout ce qui vient alors s’appelle la vie.

Pour visiter le travail de Catherine, c'est par ICI.

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